Description du projet

Aménagement d’un centre de jour et de bien-être temporaire pour les sans-abri du Square Cabot.

Une population vulnérable

À Montréal, les communautés inuites et des Premières Nations composent 40 % de la population en situation d’itinérance dans ce secteur de la ville. Depuis les années 70, le Square Cabot, est devenu un un lieu de rassemblement pour les sans-abri issues de ces communautés, venues à l’origine dans la métropole par besoin de services médicaux, de recherche d’emploi ou même pour fuir de la violence. Jusqu’en 2018 , le centre La Porte Ouverte / The Open Door était le seul centre de jour à proximité accueillant les personnes, même en état d’intoxication.

14 personnes décédées

Ce centre a toutefois fermé et déménagé en décembre 2018 sur Le Plateau-Mont-Royal. En raison de l’embourgeoisement et de projets de construction d’immeubles de luxe dans le secteur, il devenait difficile d’obtenir l’accord des propriétaires pour maintenir le bail locatif, en raison de la population souvent intoxiquée qui le fréquentait. Or il était à prévoir que ce départ allait aggraver la situation : surdoses de drogue, problèmes de santé, suicides et homicides ont entraîné le décès de 14 personnes en situation d’itinérance, en majorité des femmes inuits, qui fréquentaient la partie ouest de l’arrondissement de Ville-Marie.

Mobilisation des organismes communautaires

Devant cette crise humanitaire et sanitaire, il fallait agir rapidement. L’idée est une initiative conjointe de Nakuset, directrice de Native Women’s Shelter et de Sheila Woodhouse, directrice de Nazareth Community. Nakuset a d’abord fait part de ses inquiétudes au comité de sécurité du Square Cabot, où siègent des groupes communautaires, des élus municipaux et des membres du Service de police de Montréal. Un bâtiment vacant fut trouvé à deux pas du square Cabot, pour une occupation temporaire d’un an.

Alors qu’ASFQ élaborait une démarche de lutte contre l’itinérance par l’architecture et le design, l’organisme est sollicité d’urgence en début octobre par la Ville de Montréal, pour rendre possible le projet. La prise de possession du local, situé à l’angle de l’avenue Atwater et de la rue Sainte-Catherine Ouest, s’est faite le 21 octobre, avec une mission impossible : transformer cet ancien restaurant en centre opérationnel d’allure “zen” en un mois.

Des architectes bénévoles

ASFQ a oeuvré sans relâche avec les partenaires pour condenser planification, conception, approvisionnement, travaux et obtention de permis en moins d’un mois, grace à l’engagement de l’architecte Claire Davenport et des volontaires. L’aménagement avait aussi comme défi la prise en compte des particularités sociales et culturelles des personnes sans-abri du square Cabot. Des choix sensibles ont ainsi été faits : palette de couleurs boréales, inclusion d’un foyer, mur végétal, conception d’une identité visuelle culturellement appropriée représentant un inukshuk.

L’inauguration s’est faite le  jeudi 14 novembre en présence de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, de la Mairesse de Westmount, Christina M. Smith, de la Ministre des Affaires autochtones, Mme Sylvie D’Amours, ainsi que des commissaires montréalais responsables de l’itinérance et des affaires autochtones, M Serge Lareault et Mme Marie-Ève Bordeleau et de 150 personnes réunies pour l’occasion.

Résultat

Ce refuge ouvert aux personnes autochtones et allochtones en situation de fragilité, était attendu depuis des mois pour endiguer la crise. Il accueille de 8 a.m. à 8 p.m les sans-abri et leur offre non seulement de quoi se nourrir, se laver, se poser, mais aussi des services d’accueil, de soutien psychosocial, des soins d’hygiène et de buanderie. Le budget alloué pour la première année est de plus de 900 000 $; le tiers provient du nouveau Fonds Réflexe Montréal en itinérance (FRMI).

Avancement du projet

Complété à 100%

Depuis l’ouverture, son coordonnateur, David Chapman, confirme l’occupation à pleine capacité et des premiers retours positifs de la part des bénéficiaires. Pourtant, ce projet demeure temporaire, l’endroit étant destiné à faire place à des condos haut de gamme. Christina Smith, maire de Westmount, affirme que ce centre est un premier pas, et que sa ville est engagée avec la Ville de Montréal et les groupes communautaires à trouver une solution durable.

Chargée de projet bénévole

Claire Davenport

Architecte

«L’objectif principal était de créer un espace de guérison, sûr et accueillant. Nous avons dû être stratèges pour produire le plus grand impact sous des contraintes  importantes. À l’exception des douches et des clôtures qui seront bientôt ajoutés, les travaux consistaient en démolition, menuiserie et finitions. L’espace a été complètement transformé.»

Témoignages

«L’ouverture de ce centre est la preuve concrète du pouvoir de la concertation et de la collaboration. S’il a vu le jour, c’est grâce au travail, entre autres, de nos équipes à la Ville de Montréal, (…) le CIUSSS du Centre Sud de l’Île de Montréal, le Secrétariat aux affaires autochtones, la Ville de Westmount,  ASFQ, de nombreux partenaires du milieu communautaire, et des bénévoles incroyables qui ont oeuvré sans relâche jusqu’à l’ouverture!»

Valérie Plante, mairesse de Montréal

“Notre objectif est d’aider ces personnes à retrouver leur santé physique, ainsi que leur bien-être émotionnel, spirituel et psychologique” – The Suburban, november 20, 2019

Nakuset, directrice de Native Women’s Shelter

60

personnes
accueillies par jour

1100

heures de travail
en bénévolat

50 000

$ de valeur offerte
par ASFQ

350

m2 de surface
d’accueil adaptée

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