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Mission en Tanzanie : une école pour les enfants Massaïs

par Stéphanie Roy, collaboratrice à la rédaction

Une fois de plus, les efforts réunis entre le PRÉCI, ASFQ et de précieux collaborateurs, permettront de réaliser un nouveau projet en Afrique de l’Est : la construction d’une école pour les enfants Massaïs de Nainokanoka situé dans le nord-ouest de la Tanzanie. Le sept avril, l’architecte Louis-Paul Lemieux partira en mission bénévole pour une durée de quatorze jours afin de réaliser l’étude préliminaire.

La mission

Grâce à l’expertise de notre coopérant volontaire, la mission exploratoire permettra de recueillir les éléments essentiels à la conception qui devra tenir compte du contexte géographique et culturel particulier du projet. Une fois arrivé à l’aéroport international Kilimanjaro, il sera accueilli par Arpakwa M. Ole Sikorei, l’initiateur du projet. Celui-ci l’accompagnera dans les différentes étapes de la mission. Ils iront d’abord à Arusha, rencontrer les représentants gouvernementaux et par la suite à Karatu rencontrer des professionnels locaux pour échanger sur les détails techniques du projet et se renseigner sur les matériaux à privilégier selon leur disponibilité. Ensuite, ils se rendront au village, à trois heures de route, faire connaissance avec la communauté, L’architecte fera des relevés, déterminera l’emplacement du bâtiment sur le site et effectuera des ateliers participatifs auprès de la communauté afin de finaliser le programme fonctionnel et technique.

L’école

Le but de cette école sera d’accueillir les enfants Massaïs du village de Nainokanoka et des villages voisins, âgés de trois à six ans. Environ deux centaines d’élèves y seront admis et l’accès sera priorisé aux fillettes, afin de leur montrer qu’elles peuvent, elles aussi, faire des études. Ces enfants, dont la langue maternelle est le maa, seront initiés au swahili et à l’anglais, langues officielles du pays, afin de faciliter leur adaptation à l’école primaire. L’école sera administrée par la communauté et l’Église catholique locale. Celle-ci, par ailleurs, cèdera généreusement le terrain sur lequel le bâtiment sera construit. Le mandat d’ASFQ consiste à concevoir un lieu d’apprentissage culturellement adapté afin de répondre adéquatement aux besoins et aux demandes de la communauté. Une charrette de design est prévue en mai. En plus de Louis-Paul Lemieux, l’équipe de conception comprendra les architectes Layla McLeod et Claire Davenport, une architecte stagiaire, Pakinam Souliman ainsi que l’ingénieur Thomas Cardinal.

Les Massaïs et la zone de conservation du Ngorongoro

De nombreuses communautés de Massaïs vivent au Nord de la Tanzanie et au Sud-Ouest du Kenya. Environ 20 000 de ces Massaïs vivent dans la zone de conservation de Ngorongoro, un bien classé depuis 1979 au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’aire comprend des forêts, des plaines de brousse et le cratère de Ngorongoro, la plus grande caldeira du monde. Son paysage, comptant le Kilimanjaro en arrière-plan, abrite une faune sauvage de 25 000 grands animaux, dont certaines espèces menacées comme le rhinocéros noir. Les touristes font également partie du portrait. Placée sous la responsabilité du NCAA (Administration de la Zone de conservation de Ngorongoro), la gestion du bien implique de conserver les ressources naturelles, de promouvoir le tourisme et de protéger les intérêts des pasteurs Massaïs. Malgré cela, un règlement interdisant la pastoralisation rend les conditions d’existence difficiles pour ces éleveurs de bétail semi-nomades. Cela les pousse donc à se sédentariser et à scolariser les enfants tout en conservant leur mode de vie traditionnel. Dans le village de Nainokanoka, situé à une heure de la caldeira, les Massaïs. La communauté a accès à l’eau et une école primaire a déjà été construite.

L’initiateur du projet

L’idée de construction de cette école a été proposée par Arpakwa M. Ole Sikorei. Lui-même un Massaï, il agit comme ambassadeur pour sa communauté et plaide la nécessité d’agir afin de contrer la pauvreté qui les menace. M. Sikorei a auparavant travaillé auprès des Nations Unies et de l’UNESCO. Aujourd’hui, il œuvre à titre de travailleur indépendant et apporte son support à des projets sociaux visant, entre autres, à traiter les problèmes d’éducation et d’accessibilité à l’eau ainsi qu’à promouvoir la conservation de l’héritage culturel Massaï. Le projet profitera grandement de sa contribution grâce à ses contacts et à son implication.

Le porteur du projet

Le projet est porté par l’équipe 2019 du PRÉCI (Programme de regroupement étudiant pour la coopération internationale de l’ÉTS). À l’automne, Lucas, Audrey, Charles, Mathieu, Étienne et Agathe partiront pour toute la durée de sa mise en œuvre qui s’échelonnera sur quatre mois. Les travaux seront effectués par les ouvriers locaux et dirigés par l’équipe qui possède une expérience en chantier. Les missionnaires sur place qui parlent l’anglais faciliteront les communications. Sikorei sera également disponible pour fournir à l’équipe tout ce dont ils auront besoin. Il s’occupera de l’obtention des permis, des visas et sera le lien entre le groupe d’intervention et la communauté.

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