En novembre 2025, ASFQ annonçait le démarrage du projet Démocratiser les usages de l’eau à Montréal par le design, financé par le Bureau du Design de la Ville de Montréal. Ce projet propose la conception, le prototypage, la sensibilisation et la diffusion d’idéations innovantes autour de l’eau comme bien commun, en réponse à des enjeux majeurs pour la Ville de Montréal: l’itinérance, la résilience climatique, l’inclusion sociale, la cohabitation et l’accès équitable aux ressources essentielles dans l’espace public.

Le projet a pour objectifs de favoriser le dialogue entre les milieux communautaires, universitaires et citoyens, de co-concevoir des solutions durables en impliquant la relève en aménagement et les designers locaux, de renforcer la cohésion sociale et le sentiment d’appartenance de toutes les parties prenantes  et de stimuler les idéations, l’innovation et la qualité du design autour des multiples disciplines de l’aménagement (design, architecture, paysage, urbanisme) et des bonnes pratiques y étant associées.

Au terme du projet, la relève étudiante en aménagement sera sollicitée pour formuler des solutions innovantes lors d’une charrette* interuniversitaire dont le cadre sera développé au fil du projet.

*en aménagement, une  »charrette » désigne le sprint créatif mené en réponse à un appel à projet.

Une cartographie des exclusions sociales

Le  30 janvier 2026, ASFQ organisait un atelier de co-création sur la question de l’accès à l’eau et l’étude des situations d’exclusion avec les co-chercheur·euses du Collectif Dehors de Dehors. Cet atelier a permis d’identifier ensemble des lieux et des scénarios qui pourraient être proposés aux étudiant·es lors de la charrette à venir.

Autour d’une grande carte du quartier Centre-Sud, les participant·es ont été invité·es à représenter leurs routines quotidiennes. Cet exercice de cartographie sensible a permis de révéler une géographie invisible : celle des parcours dictés par la nécessité de trouver de l’eau. Les discussions ont mis en lumière que des gestes essentiels, souvent tenus pour acquis par une majorité de la population, sont des défis logistiques pour d’autres.  Les « zones sèches » de la carte racontent l’histoire d’une ville qui n’est pas encore pensée pour l’ensemble de ses habitant·es, avec ou sans domicile.

Les pistes de solutions évoquées au cours de cet atelier impliquent des pratiques de design urbain plus inclusives. Repenser la ville non pas pour, mais avec celles et ceux qui la vivent le plus intensément semble essentiel pour aboutir à des améliorations concrètes et durables.

Mobiliser la relève pour des solutions inclusives

Le 4 février 2026, ASFQ co-organisait un atelier avec des acteurs des milieux communautaires, universitaires et institutionnels pour bâtir les fondations éthiques et méthodologiques du projet.

Ensemble, l’objectif était de réfléchir collectivement à l’élaboration du programme de la charrette interuniversitaire, fondée sur des valeurs et des critères inclusifs, passant par la reconnaissance du vécu de l’itinérance comme expertise, la création d’espaces de travail accessibles et respectueux,  l’établissement de règles de bienveillance et de modes de décision horizontaux.

Cette démarche s’appuie sur un socle solide : les années de recherche menées par ASFQ auprès de personnes ayant une expertise du vécu de la rue, l’expérience de certaines de ces personnes impliquées comme  co-chercheuses dans le projet, et les perspectives croisées de partenaires universitaires, communautaires et institutionnels.

En transformant la méthode de création elle-même, ASFQ et ses partenaires font du design un levier de transformation urbaine. Les activités qui suivront dans les prochains mois permettront de traduire ces principes en interventions concrètes, avec l’ambition de faire de l’accès à l’eau à Montréal un droit universel et partagé.